La Russie remonte vers les sommets olympiques

Derrière la pompe des cérémonies, les athlètes avaient besoin d'un petit plus pour briller. Grâce à un fort soutien, ils sont arrivés en tête pour la première fois depuis 20 ans.

Crédit photo : Reuters

James Ellingworth, pour RBTH

L'organisation des JO fut un succès retentissant. Thomas Bach, le président du CIO, l'a rappelé lors de la cérémonie de clôture : « Nous avons tous bénéficié de conditions exceptionnelles lors de ces Jeux Olympiques d'Hiver. Nos hôtes russes avaient promis des complexes sportifs de qualité, un village olympique remarquable, et une organisation sans fausse note. Ce soir, nous pouvons dire qu'ils ont tenu leurs promesses ».

Il y a quatre ans, aux JO de Vancouver, le sport russe paraissait au plus mal. La production à la chaîne de champions, comme au temps de l'URSS, s'est enrayée. Le pays a fini à la 11e place du classement des médailles.

Mais à Sotchi, tout a changé. La Russie a conquis la tête du classement, laissant derrière elle les géants des sports d'hiver tels que la Norvège et le Canada.

Une nouvelle génération de champions est entrée en scène, menée par les étoiles du patinage artistique Ioulia Lipnitskaïa (15 ans) et Adelina Sotnikova (17 ans).

De nouveaux champions russes sont apparus : le patineur de vitesse Victor Ahn, originaire de Corée du Sud et naturalisé russe, avec trois médailles, et le snowboardeur Vic Wild, né aux États-Unis, qui a ramené deux médailles chez lui, à Moscou.

Chose émouvante, des athlètes russes de longue date, tels que le champion de bobsleigh et médaillé d'or Alexandre Zoubkov, 39 ans, sont passés du statut de perdant à celui de champion, leur potentiel ayant enfin pu s'exprimer grâce à un soutien supplémentaire.

Le succès n'était pas acquis pour la Russie. À mi-parcours, la situation semblait mal engagée, avec seulement deux médailles d'or. Puis les moqueries ont cessé, et les médailles d'or ont commencé à pleuvoir, permettant au pays organisateur de terminer les Jeux avec 13 médailles d'or - dont six dans des disciplines où la Russie n'avait jamais gagné auparavant. Le total des médailles - toutes couleurs confondues - a surpassé celui de toute autre équipe olympique russe ou soviétique.

En parallèle, l'action était au rendez-vous dans les complexes sportifs bâtis à grands frais dans le parc olympique et sur les hauteurs du Caucase, et pas uniquement du côté des athlètes russes.

Le Royaume-Uni a égalé sa meilleure performance lors de JO d'hiver, qui remonte à 90 ans, avec une médaille d'or pour Lizzy Yarnold en skeleton, une d'argent, et deux de bronze, dont la première médaille britannique de l'histoire dans un sport de neige, remportée par la snowboardeuse Lizzy Jones en slopestyle.

La star norvégienne du biathlon, Ole Einar Bjørndalen, est devenu le sportif le plus médaillé de l'histoire des JO d'hiver ; grâce à ses médailles d'or en sprint et en relais mixte, son tableau affiche 13 médailles, une de plus que son compatriote, le champion de ski de fond Bjørn Daehlie, précédent détenteur du record.

Sur la glace de la patinoire olympique Adler Arena, un pays a dominé de manière inédite le patinage de vitesse : les Pays-Bas, victorieux dans 8 compétitions sur 12, ont remporté l'or, l'argent, et le bronze, dans 4 d'entre elles.

Le ski alpin était l'une des rares compétitions où la Russie était peu présente, ce qui n'entama en rien l'enthousiasme du public à Roza Khoutor. Celui-ci a pu vivre un événement unique dans l'histoire des JO d'hiver : la Slovène Tina Maze et la Suissesse Dominique Gisin ont toutes deux remporté l'or dans la même discipline en effectuant exactement le même temps dans l'épreuve féminine de descente.

L'épreuve masculine de hockey sur glace était la compétition la plus attendue de tous les Jeux Olympiques d'hiver, en particulier en Russie. C'est pourquoi l'élimination de l'équipe russe en quarts de finale face à la Finlande, un outsider, a été vécue comme un scandale, déclenchant une vague de protestation dans les médias russes.

Mais le public de la patinoire Bolchoï, surtout composé de gens de la région, n'a rien perdu de sa ferveur, encourageant le Canada à conserver son titre par une victoire 3-0 en finale, face à la Suède. Et ce, après une demi-finale Canada-États-Unis, au score modeste de 1-0, mais l'un des matches les plus remarquables de l'histoire en matière de technique, disputé à un rythme d'enfer pendant les 60 minutes de jeu, avec un public soutenant entièrement les Canadiens.

Pourquoi le Canada ? Lors des matches de poule, un but refusé à la Russie a permis aux Américains de vaincre le pays organisateur, faisant enrager les fans locaux, au point de se ranger du côté des anciens adversaires du Canada.

Quel sera l'avenir du sport russe après Sotchi ? À en juger par les derniers JO, la situation ira en s'améliorant pour les prochains JO d'hiver de 2018, organisés à Pyeongchang, en Corée du Sud.

Lors des Jeux de Sotchi, on a peu parlé des cinq médailles d'or remportées par des athlètes d'origine russe qui ont participé sous les couleurs d'autres pays. Il s'agit d'athlètes partis au cours de la période chaotique ayant précédé la nomination de Sotchi comme ville organisatrice des JO, quand le financement et le soutien aux athlètes faisait défaut.

Quatre ans ont passé depuis, et cette génération d'athlètes aura en grande partie tourné la page, remplacée par des jeunes qui ont grandi en bénéficiant d'un soutien appuyé lors de ces dernières années - une tendance qui ne peut que donner des ailes aux Russes sur la neige et la glace de Pyeongchang.

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