Olga Fatkoulina : « Je dois devenir championne olympique »

La nouvelle étoile russe du patinage de vitesse, Olga Fatkoulina, a remporté l’or aux championnats du monde 2013 sur le 1 000 mètres, ainsi que le bronze au 500 mètres, sur la glace de l’Adler Arena à Sotchi.

Crédit photo : RIA Novosti

Anna Kozina, « La Russie d’aujourd’hui »

En Russie, la jeune patineuse de 24 ans, Olga Fatkoulina, occupe les premiers rôles depuis longtemps avec quatre titres de championne de Russie au sprint de patinage de vitesse, trois autres sur des distances individuelles, ainsi que neuf records nationaux.

Mais sur la scène internationale, la Russe ne s’est révélée que récemment. Elle a obtenu son premier podium en 2012 sur le 1 000 mètres à Harbin. Lors de la saison 2012-13, elle a également remporté l’argent sur le deuxième 500 mètres à Erfurt et a terminé quatrième au classement général de la compétition sur cette distance.

Mais le pic de sa carrière date de mars 2013, sur les distances individuelles du championnat du monde qui s’est déroulé, fait symbolique, dans le centre olympique de l’Adler Arena à Sotchi. Fatkoulina a remporté l’or au 1 000 mètres en dépassant des pointures comme la Néerlandaise Ireen Wüst, la Canadienne Christine Nesbitt et l’Américaine Heather Richardson, avant de s’emparer du bronze sur le 500 mètres.

La progression fulgurante de la patineuse russe, 14e aux championnats du monde précédents, a semblé presqu’irréel. Cette médaille d’or aux championnats du monde est la première de l’équipe féminine russe sur les distances individuelles depuis 2001.

Le dernier titre dans cette compétition datait du 9 mars 2001 à Salt Lake City, lorsque Svetlana Jourova avait gagné le bronze sur le 500 mètres. La même Jourova a également remporté la seule récompense individuelle des quatre derniers JO d’hiver pour la Russie avec le bronze à Turin au 500 mètres.

En cette saison olympique, Olga Fatkoulina a eu l’occasion de se frotter directement ou à distance avec ses principales concurrentes. Lors de l’étape de la Coupe du monde à Berlin, Olga a remporté l’épreuve du 500 mètres, même s’il est vrai que la championne olympique sud-coréenne Lee Sang-hwa avait renoncé à prendre le départ.

Désormais, la Russe occupe la seconde place au classement de la Coupe du monde derrière la même Sang-hwa, qui détient le record du monde sur cette distance avec 36,80 secondes.

Svetlana Jourova estime qu’aux JO, on se bat pour des médailles et pas pour des records : « Les records du monde réalisés par la Coréenne lui donnent de la confiance : elle peut se dire qu’elle a les capacités, qu’elle est en bonne forme et qu’elle ne commet pas d’erreurs. Mais elle comprend aussi que peu de personnes se souviennent des records. Or, si elle s’empare de l’or olympique, elle restera à jamais dans l’histoire. Les records nationaux battus Fatkoulina donneront également de la confiance à notre sportive ! ».

Également à Berlin, mais sur le 1 000 mètres de la compétition individuelle, sa distance de prédilection, la championne du monde russe redoutait les américaines Heather Richardson et Brittany Bowe. Ces craintes étaient justifiées : Fatkoulina a fini troisième, résultat qui la satisfaisait plutôt.

Les entraineurs de l’équipe russe ont d’ailleurs fait remarquer que Richardson et Bowe ne la devançaient que de très peu.

Le coach principal de la Russie Andreï Saveliev a déclaré qu’il était trop tôt pour parler d’avantage définitif sur Fatkoulina. « Après la Coupe du monde, l’équipe américaine rentre et continue sa préparation aux Jeux sur des patinoires "en hauteur". Elle devra s’adapter aux plus basses altitudes. Ce n’est pas facile ! ».

Olga associe déjà la patinoire de Sotchi à la victoire. Aux Jeux olympiques, elle se présentera sur trois distances : 500, 1 000 et 1 500 mètres. La sportive a spécialement débuté sa saison olympique par le demi-kilomètre, et ce pour améliorer son deuxième tour sur 1 000 mètres.

Fatkoulina a changé sa façon de travailler et sa relation aux entraînements. Elle considère que cela l’a aidée à se remettre de son passage à vide en matière de résultats.

« Je ne suis plus du tout la même personne : j’ai dû changer l’ensemble de mes plans, mon entourage et mes objectifs. Je me suis entraînée tout l’été et ma préparation n’a pas été freinée par des blessures. J’ai également changé de patins : ils se marient désormais mieux à la forme de mes pieds. Avant, j’avais des "bottes de feutre". Je ne sentais ni la patinoire, ni les bottines, ni mes appuis ».

Fatkoulina reconnaît que durant les courses, elle s’efforce de ne pas penser aux secondes ou aux concurrentes. Elle essaye tout de même d’apprendre de ses adversaires, notamment en observant l’accélération sur le 500 mètres de Lee Sang-hwa ou les virages de l’Américain Shani Davis, deux fois champion olympique.

Même si Olga pense ne pas encore être une sportive complète car elle n’a pas encore remporté de titre important, elle s’impose des objectifs élevés. À la question « Que faut-il pour que vous vous considériez enfin comme une patineuse confirmée ? », elle répond sans hésiter : « Je dois devenir championne olympique, c’est tout ».

L’entraîneur principal de l’équipe russe Pavel Abratkevitch, qui dirige le groupe de sprinteurs, estime qu’elle en a les capacités : « Cette saison, Olga a compris pourquoi elle faisait tous ces sacrifices. En un an, elle réalisé d’énormes progrès en termes de mentalité et est devenue championne du monde. Seule la victoire olympique a plus de valeur ».

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